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Vœux de l’Association du Sporting Club Albigeois

Gérard MARIOU président de l'association du Sporting Club Albigeois présente ses voeux pour l'année 2019.Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

Il est d’usage, lors d’une cérémonie des vœux, de faire le bilan de l’année qui vient de s’achever et de tracer les perspectives de celle qui s’ouvre.
J’ai choisi de sacrifier à cette règle, ni par paresse, ni par conformisme, mais tout simplement parce que je crois qu’il est bon de savoir se remémorer les rencontres ou évènements importants qui ont jalonné l’année écoulée.
Ils façonnent notre mémoire collective, construisent le lien social et influencent aussi les choix de l’année qui s’annonce.
Avant de revenir sur l’année écoulée, je voulais vous remercier vous toutes et tous, élus, personnalités du grand Albigeois, partenaires et mécènes, qui nous honorent de votre présence, et d'avoir, une fois de plus, répondu à notre invitation.

- Madame le Maire, Stéphanie GUIRAUD CHAUMEIL,
- Monsieur Michel FRANQUES, Premier Adjoint,
- Madame Muriel ROQUES ETIENNE, représentant le Député Philippe FOLIOT,
- Monsieur Jean-Paul RAYNAUD, Maire de St Juéry et Conseillé Départemental,
- Monsieur le Président du Comité de Rugby du Tarn, Alain REY, et les membres de son bureau,
- Monsieur le Président de la SASP, Alain ROUMEGOUX, et les membres de son Conseil d’Administration,
Toutefois certains d'entre vous n'ont pu être présents et je vous demande d'ores et déjà d'excuser leur absence.
- Monsieur le Sénateur, Philippe BONNECARRERE,
- Madame Carole DELGA, Présidente de la Région Occitanie,
- Mesdames Isabelle ESPINOSA et Eva GERAUD, du Conseil Départemental,
- Monsieur Michel BOSSI, Président de la Chambre de Commerce.

Pour 2018, j’ai retenu trois faits marquants qui illustrent pour moi des temps forts de notre association, et du rugby en général.
Le premier évènement de l’année 2018 que je retiens, nous l’avons partagé sportivement.
Je veux parler de l’épopée de notre équipe Espoirs.
Comme j’ai pu le dire lors de notre Assemblée Générale, le Président que vous avez devant vous aujourd’hui, est très fier de notre équipe Espoirs, qui dans un championnat qu’elle ne connaissait pas, a su terminer première nationale, et s’incliner en finale, avec les honneurs.
Ce groupe s’est forgé un état d’esprit remarquable, qui leur sert aujourd’hui à l’étage supérieur.
Je les félicite de l’excellente saison qu’ils sont également en train de réaliser.

Le deuxième événement de l’année 2018 que je retiens est un peu plus douloureux.
C’est la non qualification de nos équipes juniors et cadets pour les Championnats Elites.
S’il y a bien une expression que je déteste, c’est : ‘’C’est un mal pour un bien’’.
Malheureusement, force est de constater que cela correspond bien à ce qui nous est arrivé.
Le point positif, car j’aime à voir un verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide, c’est que nos gamins reprennent goût au Rugby, à se retrouver à l’entrainement, et surtout, le week-end, à gagner des matchs ensemble.
La route est encore longue, mais la fin de saison peut se conjuguer avec des phases finales.

Le troisième événement de cette fin d’année 2018 que j’ai voulu retenir est fondamentalement négatif pour notre sport.
Des gamins sont morts en jouant au Rugby.
En huit mois, quatre jeunes joueurs sont morts en France après un match :
- Adrien DESCRULHES, dix-sept ans, victime en mai d'un traumatisme crânien,
- Louis FAJFROWSKI, vingt et un ans, dont le cœur a arrêté de battre après un choc thoracique, au mois d'août,
- Nicolas CHAUVIN, dix-huit ans, qui le mois dernier succombait à une fracture d'une vertèbre cervicale.
Je dois malheureusement rajouté une nouvelle victime à cette série noire aussi dramatique que douloureuse.
Non, il n’était pas joueur de rugby professionnel, il ne jouait pas dans un grand club, mais après s’être battu pendant plus de 40 jours dont 10 dans le coma, un choc reçu lors d’un match de rugby a eu raison de lui.
Il s’appelait Nathan SYX, 23 ans et jouait simplement avec son école d’ingénieur à Dijon.

À chaque fois, c'est un plaquage qui a été la cause du décès et, pour Louis et Nicolas, on sait qu'il a été effectué sur la partie haute du corps.
Cette série tragique n'est pas une mauvaise passe, ni la conséquence de coups du sort.

C'est une suite terriblement logique.
Le rugby, avec la professionnalisation, est passé de sport rugueux à sport violent.
On a cru que la préparation protégeait de tout, que les corps des joueurs supporteraient les plaquages de plus en plus durs, hauts, et souvent effectués par deux défenseurs simultanément.

Au-delà des blessures et des commotions qui touchent les joueurs, chaque week-end livre des exemples de la dérive de notre sport et de son absence de prise de conscience.
Quand les arbitres, soumis à de nouvelles consignes de sévérité pour enrayer les mauvaises habitudes prises depuis vingt ans, sanctionnent des plaquages clairement interdits par le règlement, beaucoup d'acteurs s'indignent :
- « On ne peut plus rien faire sur un terrain ! »
- « Ce n'est plus du rugby ! »
Affirmations idiotes et inconséquentes.
Le rugby n'est pas né avec les plaquages hauts, ces derniers ne définissent pas notre sport, et les éradiquer n'est pas le priver de son essence.
Qui oserait dire que le rugby était un sport d'opérette à l'époque pas si lointaine où l'on faisait tomber l'adversaire en le plaquant au niveau de la ceinture ?
Sport de contacts, le rugby laisse désormais moins la place à l’évitement pour privilégier le défi frontal.
La Fédération Française de Rugby, a présenté en juin un «plan national de prévention des risques» intitulé «Rugby bien joué».
Sa mesure phare, le «toucher deux secondes», déjà en place dans nos écoles de Rugby, vise à encourager l’évitement au détriment du contact.
Mais il y a urgence.
Le Rugby est un sport merveilleux, un vecteur d’éducation sans pareil, mais c’est un sport dans lequel la notion de combat peut très vite devenir source de dérive si l’attention n’est pas portée en permanence sur la santé des joueurs.
C’est pour toutes ces raisons, que l’APARE, l’Association des Présidents des Associations de Rugby Elite, dont je suis membre au Comité Directeur, a envoyé au Président de la FFR un courrier demandant la tenue d’un débat regroupant toutes les composantes du Rugby, aussi bien Professionnel qu’Amateur, afin de tirer les leçons de ces drames successifs et proposer des solutions concrètes pour que le rugby protège mieux ses enfants.
Car mourir sur un terrain de rugby, c’est inconcevable.

Je terminerais cette cérémonie des Vœux par une note que nous souhaitons tous positive.
L’année 2019 nous donne, sportivement, plusieurs rendez-vous :
- Le premier, au mois de mai, avec une remontée en Pro D2 pour notre équipe fanion,
- Le deuxième, qui je l’espère sera pluriel, avec la participation de nos différentes sections aux phases finales de leur Championnat respectif.

En marge de ces événements, je veux évoquer également la fin du grand écart entre les mots et les actes.
Quelles que soient nos opinions, quels que soient nos désaccords, restons attentifs les uns aux autres.
Militons pour que l’année nouvelle fasse prendre conscience à tous que c’est uniquement ensemble que nous relèverons les défis qui nous attendent.
Je formule le vœu que l’année 2019 soit celle de l’action commune.
Soyons inventifs, collaboratifs et solidaires.

Je veux également profiter de cette tribune pour remercier à nouveau celles et ceux qui m’accompagnent aujourd’hui dans ma tâche.
Vous toutes et tous, éducateurs et éducatrices, dirigeants et dirigeantes, vous les bénévoles qui donnez de votre temps pour faire partager notre passion avec le plus grand nombre.
Vous portez des valeurs qui sont notre, Solidarité, Respect, Engagement.
Je vous adresse, à chacune et chacun d’entre vous, au nom de l’ensemble des membres du Comité Directeur, et en mon nom personnel, nos vœux les plus chaleureux de belle, de bonne et heureuse année 2019.

Mais avant de terminer, je voudrais rendre un dernier hommage à une personne, pour ne pas dire "Un personnage", qui vient de nous quitter. Je veux bien entendu parler de notre ami Serge.
Il était toujours disponible, souriant, prêt à rendre service. Sa présence était rassurante.
Véritable mémoire vive de notre Association, j’aimais le surnommer ‘’Mon Disque Dur’’.
Lorsque l’on énumère les qualités d’une personne, c’est parfois pour mieux éviter de parler de ses défauts.
Mais Serge n’avait pas de défauts, seul peut-être un peu la gourmandise, mais c’est certainement pas moi qui le blâmerait.
Enfin, j’ai le plaisir de vous annoncer, que suite à l’accord donné par Janine CABOT, son épouse, notre Tournoi des écoles de Rugby, portera dès l’édition du mois de juin, le nom de Tournoi de l’Albigeois – Serge CABOT.
C’est le minimum que l’Association du Sporting Club Albigeois pouvait faire afin d’honorer sa mémoire.
Serge laisse un énorme vide, et rien ne sera jamais plus comme avant.
Le Sporting vient de perdre une de ses dernières figures emblématique.

Merci à vous toutes et à tous, et encore excellente année 2019.

Gérard MARIOU
Président de l’Association du Sporting Club Albigeois